Jeux vidéo - Resident Evil 5
30.03.2009 par Mr_Kia

Wéééésidente ivoole. Le titre a de nouveau raisonné dans la tête de millions de joueurs ce vendredi 13, jour choisi par Capcom pour la sortie de ce 7ème opus (hors spin-off pourris), les attirants tels des zombies sur du la chair... pas fraîche.

Parce que tout le problème est là, le jeu sent le réchauffé, un clone un peu bâclé sur le fond du génialissime 4ème épisode.

En révolutionnant la saga, Mikami et Kobayashi ont aussi détourné les codes du survival horror (inauguré par le Français Frédérick Raynal dans « Alone in the Dark » ) pour pondre un jeu d’action qui poutre, bourré de trouvailles de gameplay, alignant les scènes d’anthologie, le tout avec un sens du rythme sans faille, et une durée gargantuesque.

Le meilleur on vous dit

Forcément avec de telles bases, nous étions en droit d’espérer plus encore ! Dès l’intro, le joueur se mange une baigne visuelle qui enterre ce qui se faisait de mieux jusqu’alors : de KillZone pour les phases de jeu ou Metal Gear Solid pour les cut-scenes.

Ce qui fait mouche, c’est la finesse des modélisations, de la magnifique Sheva aux boss monstrueux ( sauf Chris « le camionneur » Redfield) et les innombrables infectés.

Magnifié par les éclairages, ce bestiaire est animé avec justesse et on se fera un plaisir de regarder à nouveau toutes ces scènes dans le mode cinématique.

Le petit survival horror est attendu à la casse

Et une fois le pad en main tout s’effondre, je ne parlerais pas des d(h)ommages collatéraux causés par les repompes honteuses du précédent volet (oh une escorte, oh un... spoil) parce que les reprendre en les dégradant... hum !

Si les éléments de charme de RE4 sont présents (QTE, marchands), ils sont mal intégrés, simple course au fric pour améliorer ses armes dans un menu à l’ergonomie pensée par un stagiaire zombie.

On se consolera en pensant que ces phases de shooter seront compensées par les énigmes chères à la série, mauvaise pioche.

La plus dure des énigmes sera un redondant « il faut trouver la clé » qui sera souvent dans les boyaux d’un infecté au côté d’une plante verte, d’un chargeur, d’une statue.

En passant de la case survival à action, le titre joue dans la cour d’un Gears of War et là, sans hésiter, il n’en a ni l’intensité et encore moins le plus important, le gameplay. Nos dératiseurs du futur peinent à courir, à tourner sans même parler de tirer en bougeant (alors qu’ils le font si bien dans les cinématiques) ou se planquer, sauf si le script l’autorise.

Si il y a quelques années une demi-douzaine de zombies se trainaient péniblement vers vous, justifiant la maniabilité, dans cet épisode, des dizaines de majinis courent comme des dératés pour vous étriper.

Et ils y arrivent...

Dead Space est arrivéééééé

EA a révolutionné le survival horror l’année passée avec le fabuleux Dead Space, ingérant toutes les composantes du genre et les recrachant en améliorant le tout.

Tir en mobilité, démembrement intelligent, HUD réactif et bien pensé, l’immersion sonore poussée, bref, un renouveau.

A croire que Jun Takeuchi ne daigne pas regarder ce qui se fait de notre côté du monde pour créer et gâche notre plaisir avec sa vision égocentrée.

Quand la maniabilité a fini de nous pourrir la vie, ce sont les carences de gamedesign et d’IA qui s’y mettent.

Flingue vide, munitions à terre mais inventaire plein ? Peine perdue, il faut se soulager d’un item pour saisir ces munitions.

Je pose une mine pour piéger un tronçonneur fou ? Sheva se précipite pour la fourrer dans son sac et en profite pour se faire payer une amputation par notre parasité.

Malgré ces défauts, elle fera un très bon sac à dos pour vos munitions et autres sprays.

Mais il y a aussi de bonnes nouvelles !

Le très bon coop, pour se faire l’aventure à deux (qui aura une Intelligence Pas Artificielle plus minable que celle de Sheva), vous réservera de bonnes surprises (en attendant le DLC payant...) et permettra de découvrir un scénario charnière dans la saga : des origines du Manoir Spencer (RE1) aux ambitions de Wesker, en passant par la genèse du Progenitor via les surlecutantes cinématiques et les mémos éparpillés.

Avec tout ce que vous venez de lire, vous pouvez croire que c’est un mauvais jeu, non, tout de même.

Juste un jeu d’action manquant d’âme, frustrant, cachant ses défauts sous le plus beau des ramages, il en oublie de nous faire vibrer.

La licence se révèle plutôt mal en point comme à pu l’être celle de Silent Hill.

Espérons que Takeuchi tiendra sa promesse de faire son RE6 à partir d’une feuille blanche et nous fera à nouveau sursauter.

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